La gentleman de St-Georges

Par Franck P

Un CLM individuel + Une Gentleman sur une circuit de 26 km autour de St-Georges d'Espéranche (38).

TVS représenté par :


Le CLM individuel :

La course de Pierre :
Le parcours, ce dimanche, est très varié. Il commence par de longues parties, en faux plat descendant, parfois légèrement ondulées pour rompre la monotonie. Au km 14, une partie assez pentue, en deux parties sur deux kilomètres où il convient d'abandonner le 52 dents, qui débouche sur un plateau, avant une descente où les 70km/h sont atteints. Dans les villages qui suivent, des virages à 90°, où coups de frein et relances rendent le vélo de chrono assez pataud. Enfin, le final sur une pente régulière, plus qu'un faux plat, une vraie montée, avec un revêtement lent, interminable. Au fil des CLM, je cerne de mieux en mieux les parcours que j'apprécie et/ou qui m'avantagent et celui ci en fait partie, nonobstant la descente et la partie technique.

Le léger vent contraire du sud, n'empêche pas d'aller de suite tutoyer les 50-55km/h lors des premières minutes grâce à la déclivité, et c'est vraiment un grand moment de prendre, à vive allure, lancé, ces courbes en suivant les lignes au sol ou les ondulations de pentes. Même ce pont de voie ferrée, qui s'avale à plus de 40km/h, ne vient pas interrompre cette cavalcade. Plus tard, il sera temps d'aller chercher au fond de soi, mais là, on savoure. Le travail commence donc au km 14, j'ai bien en mémoire la configuration de la pente, et il faudra commencer à forcer au sommet pour relancer sur le plateau. Je double alors Franck, qui est resté sur le prolongateur, je suis alors sur les cornes, il me semble délivrer ainsi plus de puissance sur cette partie assez lente. La moto de l'organisation désormais m'ouvre la route, ce qui est un petit avantage dans la descente où des voitures sont devant et peut être pressées d'avancer par le motard. Je reprends mon rythme dans les kilomètres qui suivent mais il est encore difficile de faire un effort constant, contrairement aux premières minutes car l'allure est souvent interrompu par virages et relances. Voilà, j'aborde les 3 derniers kilomètres et l'effort va aller crescendo. Impossible de retrouver les repères visuels de la reconnaissance qui m'auraient permis de situer la fin du parcours, ces virages se ressemblent tous... Il pleut soudain par ce jour de grand soleil automnal: la sueur accumulée sous la casque est projetée par les soubresauts de la route sur la visière. Et l'effort se prolonge: je me motive en me disant que c'est le dernier effort en solo de la saison ou que je vais hurler "TOP!" (ce que ferai, en espérant n'avoir pas trop fait sursauter les chronométreurs) en franchissant cette ligne, qui apparait enfin. 36m36, je fais la moue car mes calculs (faux?) avaient pronostiqué un temps sous les 36mn. Mais cela suffira pour gagner en individuel et prendre la 3ème place au scratch.

La course de Franck P :
"La course de trop". Voilà résumé, en quatre mots mon sentiment après ce chrono très dur où les sensations n'ont jamais vraiment été au rendez-vous. Cela faisait 15 jours que je peinais à trouver la motivation pour m'astreindre encore à un entraînement spécifique en vue des contre-la-montre et 15 jours que je constatais que mes performances étaient systématiquement en deçà de ce que je réalisais en septembre. Mon chrono du jour a hélas confirmé mes craintes.
Cela commence par une dizaine de kilomètres de faux-plat descendant où ma vitesse tourne régulièrement autour de 45 km/h.
Après 7 km, je rattrape l'équipe (en lice pour la gentleman) partie 1 minute devant moi, mais je me fais rattraper 3 km plus loin par celle partie 1 minute après moi. Je m'accroche à leur train en laissant les 20 mètres d'écart réglementaire et constate assez rapidement que je dois pouvoir rouler plus vite que ça. Alors j'en remets une couche et les dépasse à mon tour...
Nous faisons ce petit jeu du chat et de la souris pendant 1 à 2 km avant que je parvienne à les décramponner et leur reprendre du terrain. C'est alors que se présente la bosse longue d'environ 2 km que je monte sur la plaque, la chaîne de plus en plus croisée au fil des hectomètres, ce qui se révélera finalement une belle erreur stratégique.
Vers le 15e kilomètre, alors que je me bats toujours contre cette foutue pente, je vois une fusée me dépasser : Pierre, parti 2 minutes après moi, me laisse sur place. Il doit monter au moins 3 ou 4 km/h plus vite que moi. Impressionnant !
Le faux-plat du sommet devrait servir à me relancer mais j'en suis bien incapable et je vois Pierre s'éloigner inexorablement.
La descente qui suit est rapide, j'atteins les 67 km/heure, avant l'entrée dans un village et sa série de pif-paf que j'aborde plutôt correctement. Un coup d'oeil derrière moi me permets de constater que j'ai au moins repris 30 secondes à l'équipe qui m'avait rattrapé et cela me redonne un petit coup de fouet.
Se présente un autre village avec plusieurs carrefours à passer avant la longue remontée finale d'environ 5 km. Je file le nez dans le guidon et m'aperçois, au bout d'un moment, que je ne reconnais pas le circuit que j'avais pourtant reconnu à l'échauffement. Je passe plusieurs carrefours sans balisage avant de réaliser que j'ai raté un embranchement quelque part. Et meeeeerrrde !
Je fais demi-tour et retrouve le fameux carrefour manqué, j'enrage. J'ai parcouru 1 km de détour et perdu au moins 1'40 dans l'affaire, selon mes calculs. Maintenant, c'est sûr, je vais faire une place pourrie.
Il reste 5 km à parcourir mais le coeur n'y est plus. Je me sens complètement démobilisé et ne fais même plus l'effort de rester en position aérodynamique. Dans la tête, ça a lâché.
J'avance (pas très vite) et pense déjà à la galère qui m'attend lorsqu'il s'agira de refaire la même chose, 1 heure et demi plus tard, dans la roue de Pierre, pour la gentleman.
Je coupe la ligne en 43'23 avec la très modeste moyenne de 37 km/h. L'équipe qui m'avait rattrapé et à qui j'avais repris 30 secondes termine en 40'50. J'imagine donc que j'aurais pu viser un temps d'environ 41'20... Dans tous les cas, ça n'aurait pas été transcendant, mais là, c'est carrément déprimant.


La Gentleman :

La course vécue par Franck P :
J'imaginais bien que ce serait dur, mais sans doute pas à ce point ! Compte-tenu de l'écart de niveau entre Pierre et moi, il semblait évident que, non seulement je ne lui serais d'aucune aide lors du CLM par équipe, mais que je serais même un frein dans les parties les plus dures.
Nous convenons, sur les conseils de Pierre, que mon seul objectif serait de tenir sa roue. Il m'autorise une éventuelle prise de relais après 10 km de course et, ensuite, si les jambes suivent, seulement dans la partie située après la bosse (km 16).
Pierre me dit qu'il va y aller tranquille au début, et c'est vrai que les 3 premiers kilomètres dans sa roue me paraissent relativement confortables. Et pourtant, ça roule vite. Pierre avale à 53 km/h des portions où je n'ai pas dépassé les 47 lors de l'individuel.
Notre "lune de miel" est hélas de courte durée : Pierre roule vraiment très vite et, même aplati au maximum sur mon vélo, j'en bave pour m'abriter derrière lui. Après seulement 4 km, mes jambes deviennent dures et le cœur tape fort. Un coup d'oeil sur mon cardio : bon sang, je pulse entre 175 et 179 là où je n'avais pas dépassé les 171 en solo ! Quant à la vitesse, elle est 7 à 8 km/heure plus élevée dans la roue de Pierre... Je comprends dès lors que ça ne va pas être facile de tenir toute la course comme ça.
Arrive le secteur où j'étais censé prendre mon premier relais mais j'en suis bien évidemment incapable. Au contraire, je gueule même une première fois pour qu'il lève un peu le pied.
Quand arrive la bosse, je me demande vraiment comment je vais bien pouvoir tenir dans son sillage. La réponse ne se fait pas attendre : je ne tiens pas ! Je gueule une fois, deux fois, trois fois, si bien que Pierre finit par rouler au ralenti pour ne pas me décramponner. Nous formons une belle équipe, finalement : Pierre est un condamné et je suis son boulet !
Bien évidemment, je suis également incapable de relancer sur le sommet et j'imagine que Pierre doit ronger son frein en attendant que je veuille bien me réveiller.
Mon réveil survient dans la descente que Pierre aborde un peu trop sur les freins à mon sens. Alors je passe devant et me mets à bloc en espérant que cela le motivera pour vaincre ses appréhensions. Mon compteur passe la barre des 70 km/h, ça va vite !
Au pied de la descente, je me retourne et constate que Pierre n'est plus dans ma roue mais à une bonne vingtaine de mètres derrière moi. J'aborde la série de pif-paf à allure tranquille pour lui laisser le temps de revenir puis de repasser devant.
Nous traversons le 2ème village sans problème puis abordons le fameux carrefour raté lors de l'individuel.
Cette fois, pas d'erreur de parcours mais, sur la relance qui suit, des prémices de crampes au niveau des cuisses. Aïe, au plus mauvais moment, juste à l'entame des 5 derniers kilomètres en faux-plat montant !
Je suis déjà à la ramasse, 10 mètres derrière Pierre, quand nous nous faisons passer par JB Lozano et Antoine Angot, partis 1 minute après nous. Je suis déçu pour Pierre qui, par ma faute, va réaliser une grosse contre-performance.
Je tente de m'accrocher à sa roue mais suis obligé de lui demander de ralentir encore un peu pour ne pas me faire à nouveau décrocher.
Cette dernière montée me paraît interminable tant j'ai mal partout. Mais il faut tenir, encore 10 mètres, puis encore 10 autres, et encore 10 autres... mais quand est-ce que ça va s'arrêter, cette foutue galère ?
Nous franchissons la ligne d'arrivée en 39'27. C'est presque 3 minutes de plus que lorsque Pierre l'avait réalisé en solo.
Je me sens à la fois déçu, écoeuré et surtout épuisé, mentalement comme physiquement. Dans la foulée, je décide même de renoncer au chrono de Jardin que j'envisageais de courir le semaine suivante : les jambes et le moral n'y sont plus, il est temps de mettre un terme à cette saison chaotique !

Je profite de cette tribune pour saluer la patience et la grande délicatesse de Pierre qui, malgré ce chrono déplorable, n'a rien laissé transparaître de sa déception. Et puis bravo aussi pour ses performances, véritablement exceptionnelles. Pierre, c'est du super costaud. S'il s'améliore encore un peu dans sa façon de virer et d'aborder les descentes, il n'aura bientôt plus d'adversaires à sa taille en Rhône-Alpes.

Enfin merci aussi à Laetitia, du Fontanil, qui, à force de gentiment nous transmettre ses photos chaque semaine, va bientôt se voir accréditée "photographe officielle de TVS".

La course vécue par Pierre :
1h30 pour récupérer et bien boire, et avec Franck, nous discutons de la stratégie pour le début de notre gentleman. Le passage délicat repéré est le franchissement de la bosse du km 15. Il faut que nous abordions cette difficulté le plus frais possible pour Franck, et donc je dois rouler en tête jusque là. Normalement, cela doit passer mais décidément mes calculs étaient mauvais cette semaine (plus exactement mes hypothèses) car malgré une allure linéaire, Franck prend trop de vent et n'arrive pas assez à se protéger. Je profite encore du parcours lors des premières minutes, et à vrai dire ne me doute pas trop que mon coéquipier commence à aller flirter avec la zone rouge. Je commence juste à m'en douter après le pont SNCF qui était le signal pour un relais court (15 secondes maxi) de mon alter ego mais ne voyant rien venir, je continue alors qu'il aurait fallu commencer à lever le pied. Les premiers cris de Franck me font donc ralentir dans les faux plats montants, avec un vent de dos qui nous pousse vers la difficulté du milieu de parcours. Je fais l'erreur de mettre plus de puissance que prévue dans la bosse (320-330W au lieu de 300-310W) et c'est limite pour Franck surtout au sommet, où la relance est difficile, mais il revient vite en action sur la suite du plateau et m’entraîne dans la descente, où il prend de l'avance. C'est moi maintenant qui a du mal à suivre! Les virages à angle droit ne m'aident pas et il faut bien une minute avant que notre train ne se reforme. Les ombres de nos vélos m'aident ensuite à moduler l'effort en tête pour que nous ne fassions pas trop l'élastique lui et moi. Un duo nous double au 3/4 du parcours et je sens que pour Franck c'est difficile jusqu'à l'arrivée et peu à peu prends conscience de mes erreurs de stratégie, ce parcours n'étant de toute façon pas à notre avantage. Celui de St-Vulbas, il y'a une semaine aurait été plus facile à négocier. Pas de déception, Franck ! Rien que des enseignements positifs, en ce sens que la gestion de l'allure à deux ou plusieurs est un paramètre supplémentaire et passionnant à maitriser... Mea culpa aussi pour la bosse, tu aurais dû mener et pas moi...



Vos commentaires

Alexis17 octobre 2011, 17:12

Super chrono Pierre! Chapeau bas! Ta domination est impressionante.
Et je dis chapeau à Franck qui a osé s'aligner avec le Tony Martin de l'isère.

Franck P17 octobre 2011, 17:30

@Alexis : à ce niveau-là, c'était pas du courage mais du masochisme ! Pour un peu ça me donnait envie d'arrêter de faire du vélo ! cela dit, c'était assez amusant de constater les mines déconcertées des autres concurrents quand Pierre leur annonçait le temps qu'il avait réalisé en solo. Tous avaient, du coup, l'impression d'avoir raté leur chrono !

Pierre17 octobre 2011, 20:37

@Alexis, le Gengis Khan de la flatterie, je vais aller de ce pas descendre les poubelles, pour désenfler les chevilles. Sinon, j'espère que tu atteindras l'un des tes objectifs 2012. Enfin pas trop vite :-)

Isabelle17 octobre 2011, 21:28

Un récit captivant, à la fois sèrieux, mais aussi très drôle et pour lequel nous sommes plein d'empathie pour franck. La situation devenue commique est d'autant plus révélatrice des réelles prouesses de Pierre. Mais, franck, tu as tout de même fait preuve d'une volonté tenace et tu as su démontrer des qualités de fin décendeur qui laisse Pierre encore songeur.
Du grand Pierre, dans ses performances et dans ses qualités d'analyse! Le travail, la persévérance, les études approfondies paient cash. Photos sublimes. La photographe est aussi excellente en la matière.Bravo à vous deux.

Alexis17 octobre 2011, 21:31

@Franck: Oui oui je confirme les mines dépitées!!!! Bonne récup en tout cas.

@Pierre: 2012! Ca risque d'être difficile avec du recul mais on va essayer de tout mettre en oeuvre pour s'en approcher ;)

florent ligney18 octobre 2011, 23:34http://blog.ligney.com/

@franck : chapeau car faire 2 fois de suite un chrono n'a rien de facile ... si on cumule tes 2 temps et que tu compare avec les rares personnes qui ont du le faire 2 fois, je ne pense pas que tu sois si mauvais que ça !

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(Merci à Laetitia, pour les photos du départ)

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Page créée le 16/10/11 par Franck P, mise à jour le 20/10/2011 16:15 par Franck P