Interview de François Lamiraud

Par Franck P

Le 24/03/2015

François Lamiraud est un coureur amateur de haut niveau bien connu des passionnés de cyclisme en région Rhône-Alpes. C’est notamment lui qui détient le record du CLM du Tour du lac de Paladru, organisé par TVS, avec ses 17’38 réalisées en 2013, à la moyenne ébouriffante de 47,6 km/h.
A 31 ans, le sociétaire du Team Vulco Vaulx en Velin s’est lancé dans le défi le plus fou de sa carrière : battre le record de France de l’heure détenu, depuis 1958, par l’illustre Roger Rivière. Pour cela, François Lamiraud devra parcourir plus de 47,346 kilomètres dans l’heure.
Sa tentative est programmée le samedi 11 avril à 17h00 au vélodrome de Roubaix, la veille de l’arrivée de Paris-Roubaix.
TVS a voulu en savoir plus sur cet athlète et son défi. Ecoutez son interview ci-dessous (à lire aussi dans sa retranscription au format texte un peu plus bas) :

Retrouvez toute l'actu de François Lamiraud et de sa tentative de record de l'heure sur la page Facebook qui lui est consacrée.
Et si vous souhaitez soutenir financièrement son projet, c'est possible ICI


TVS : Vous tentez le record de France de l’heure le 11 avril prochain sur le vélodrome de Roubaix. Qu’est-ce qui a été le déclencheur de ce projet ?

François Lamiraud : Ça fait au moins 5 ou 6 ans que j’y pense. On en avait parlé avec Michel Meunier qui est le président de la commission piste en Rhône-Alpes, on début on avait surtout parlé de record Rhône-Alpes, puis l’idée a fait son chemin… à l’époque c’était encore le vieux règlement avec le guidon traditionnel, j’avais donc en tête cette performance-là, puis le règlement a évolué et j’ai alors pensé à m’attaquer à ce record vraiment il y a deux ans, je me suis dit qu’il fallait me préparer pour cela. Je savais qu’il fallait avoir de bonnes jambes, être bien physiquement, puis aussi avoir un gros budget… Ce qui a déclenché, c’est un contact avec un gros partenaire, les moyens que nous avons pu rassembler et les premiers tests que nous avons réalisé et qui étaient optimistes, ce qui a permis d’annoncer ma tentative.

TVS : Depuis combien de temps et de quelle façon vous êtes-vous préparé pour ce défi ?

FL : Je m’y prépare depuis un an puisque j’ai déjà rassemblé un peu du matériel, j’ai fait des études de position en soufflerie, j’y ai pensé aussi dans ma tête, et puis on aussi commencé à rassembler de quoi financer ce projet, cela fait donc un moi que je prépare ça « en off » parce que je n’avais confié ce projet à personne, et après, physiquement, ça fait environ 6 mois que je prépare ça, nous avons commencé à faire des tests sur la piste à St-Etienne, en plein vent au mois de novembre, c’était juste pour prendre des premiers repères et voilà, ça fait donc six mois que j’ai vraiment ça en tête et que je ne vis que pour ça.

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En plein essai au Parc de la Tête d'Or, à Lyon

TVS : Sur le plan technique, avec quel type de machine allez-vous concourir ? Ça ressemblera plutôt à un vélo de pistard ou plutôt à un vélo de contre-la-montre ?

FV : Ça sera un vélo de piste type « poursuite » avec un cadre aéro et un guidon de contre-la-montre. Après j’ai vraiment travaillé sur le matériel pour trouver le meilleur compromis entre rendement et confort parce que sur une heure il faudra tenir la position sans bouger, sans se désunir, et donc on a bien travaillé en faisant des tests matériel tout l’hiver sur le compromis rendement/confort.

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Le vélo qu'utilisera François pour sa tentative

TVS : Vous allez utiliser des braquets ou se sera un pignon fixe ?

FL : Oui, ce sera un pignon fixe, sur la piste c’est obligatoire… donc là aussi ça a été l’occasion de tester pas mal de braquets parce que, sur une heure, forcément il y a des petits coups de fatigue au niveau musculaire et emmener tout le temps le même braquet ce n’est pas évident, donc il a fallu là aussi trouver le meilleur compromis de braquet. Et là je pense qu’on est parti sur un braquet qui me convenait bien en fonction de ma cadence de pédalage et de mes caractéristiques de coureur.

TVS : Ce sera quel braquet, et vous visez quelle cadence de pédalage ?

FL : La cadence de pédalage pour un record ça tourne autour de 103, 105 tours par minute. Après, le braquet je le garde encore un peu secret pour l’instant, je ne veux pas communiquer dessus mais vous reviendrez plus tard pour me la poser !

TVS : Disposerez-vous d’un capteur de puissance ? Avez-vous droit à un capteur de puissance ?

FL : J’ai droit à un capteur de puissance mais pas de le consulter pendant l’effort, donc j’en aurai un derrière la selle. J’aurai un SRM, d’ailleurs j’ai fait toute ma préparation avec le SRM. Ce sera pour analyser l’effort, avoir des infos après l’effort mais, pendant l’effort je n’ai droit à aucun outil, seul mon entraîneur Quentin Leplat aura le droit de me donner des infos des temps au tour, vitesse moyenne éventuellement, mon avance ou mon retard par rapport au record actuel, mais je n’aurai pas d’analyses de vitesse instantanée ni de puissance pendant l’effort.

TVS : Vous visez une puissance minimale sur laquelle vous allez vous fixer dès le départ ou alors un effort plutôt progressif où vous partez pour aller de plus en plus vite au fil des tours ?

FL : Le but est d’être hyper régulier, le corps n’aime pas les changements de rythme donc on a travaillé sur beaucoup d’efforts de régularité cet hiver, on continue d’ailleurs encore à bosser la régularité. Ce sera donc un effort très régulier pour ne pas brusquer l’organisme. Il faut savoir que, sur une piste, il y a de grosses différences de puissance entre les virages et les lignes droites, donc le but est de lisser complètement l’effort et, sur la fin, s’il me reste des watts à donner bien sûr je donnerai tout et, là, il ne sera plus forcément question de régularité mais, sur la majeure partie de l’heure, il faudra être très régulier.

TVS : Un effort aussi intense sur une durée aussi longue, une heure, sur une machine de contre-la-montre, pour vous c’est compliqué plutôt au niveau du dos, des jambes, des bras, des épaules, de la nuque ?

FL : C’est surtout au niveau du dos parce que ce n’est pas une position forcément naturelle mais, honnêtement, j’ai vraiment bien anticipé les choses cet hiver avec beaucoup de préparation physique en salle… Bien sûr ça va être dur, on a mal de partout, mais je me sens vraiment très très bien sur la machine, pour moi c’est une position qui est presque devenue naturelle, je n’ai pas d’effort supplémentaire à fournir pour garder la position. Je ne peux pas dire que j’ai un endroit plus sensible que les autres, forcément les jambes vont brûler, forcément le dos va tirer mais c’est une position que j’ai travaillé et que j’ai anticipé tout l’hiver alors je n’ai pas d’appréhensions à ce niveau-là.

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Pour préparer ce record, François Lamiraud a retravaillé sa position

TVS : Le record de France de l’heure auquel vous allez vous attaquer date de 1958, il est détenu par Roger Rivière qui a parcouru à l’époque 47,346 km dans l’heure. Comment expliquez-vous que ce record tienne encore aujourd’hui ? Y a-t-il eu des tentatives effectuées depuis 1958 ?

FL : Il y en a eu, oui, on s’est renseignés. Il y a eu quelques tentatives. Certaines n’ont pas été homologuées parce que toute tentative de record demande des commissaires, des contrôles médicaux, etc. Il y a des tentatives qui ont été homologuées mais qui n’ont pas atteint le record actuel. C’est un record qui est ancien mais qui est tout de même élevé. Rouler à 48 km/h pendant une heure, ce n’est pas évident. Je ne sais pas pourquoi ça a tenu si longtemps, il n’y a pas eu beaucoup de tentatives, mais je pense que c’est un record qui fait quand même peur parce que c’est une heure de souffrance, c’est beaucoup de préparation et à mon avis ce n’est pas évident de battre ce record de l’heure. On a vu aussi chez les professionnels qui ont tenté le record du monde, il y a des coureurs qui arrivent à le battre, d’autres qui échouent, donc on voit bien que ce n’est pas en claquant des doigts que l’on réussit à battre un record de l’heure.

TVS : Le matériel dont vous disposez aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celui utilisé à l’époque par Roger Rivière. Est-ce que ce n’est pas gênant quand il s’agit de comparer les performances, d’utiliser des machines très différentes ?

FL : Forcément, ce n’est pas la même chose. Maintenant ça va être un nouveau point de départ, je pense… Si on reste sur le même règlement maintenant, on va avoir des moyens de comparer. Forcément, ce n’est plus le même matériel, ça évolue comme ça et c’est un peu de la faute de l’UCI, bon… Roger Rivière était un grand coureur, moi je ne suis pas forcément à son niveau, lui pouvait gagner le Tour de France, moi j’en suis loin, donc je m’attaque à ce record de façon très humble. Je vais faire le maximum pour atteindre mon objectif.

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Champion du monde de poursuite à trois reprises, Roger Rivière détient aussi le record de France de l'heure
Crédit photo : L'équipe.fr

TVS : Est-ce que, justement, vous pensez que votre tentative va relancer un mouvement et peut-être générer d’autres tentatives, peut-être de la part de coureurs professionnels ?

FL : C’est possible même si, de la part des coureurs pros on va plutôt leur demander de tenter le record du monde, et je ne suis pas certain que les pros auront la disponibilité pour préparer un tel objectif parce que, honnêtement, ça demande vraiment beaucoup de temps, beaucoup de sacrifices par rapport à la route, les efforts sur piste ne sont vraiment pas les mêmes que ceux que l’on peut faire sur la route, donc je ne suis pas sûr qu’une équipe pro laisse son coureur faire des stages et des efforts sur piste au détriment de la route… Moi j’ai beaucoup de chance d’être au Team Vulco cette année, ils me laissent vraiment beaucoup de liberté et grâce à eux je peux me préparer vraiment consciencieusement et c’est une grande chance.

TVS : Vous faites partie des bons coureurs amateurs français de contre-la-montre. Qu’est-ce qui vous fait penser que vous êtes en mesure de battre ce record ? Avez-vous eu pour cela une préparation mentale ? Comment aborde-t-on mentalement une telle épreuve ? A quoi allez-vous pensez pendant votre heure d’effort… juste au mouvement des pédales ou a autre chose ?

FL : Déjà par rapport aux chiffres j’ai vu que j’étais dans les clous pour faire une performance sur une heure. J’ai régulièrement eu des capteurs de puissance durant mes contre-la-montre plus ou moins longs, mon entraîneur et moi avons analysé mes courbes et on a vu que j’arrivais une puissance assez élevée sur une heure et puis un effort assez régulier comme celui-ci me convient assez bien. Et, au niveau mental, honnêtement, je ne sais pas à quoi je vais penser parce que c’est effort au cours duquel on passe par beaucoup d’états, on se trouve dans un état mental assez particulier, un peu comme un état second on va dire, ça fait partie de la performance… Je travaille avec un psychologue du sport qui m’aide aussi à appréhender tous les aspects de préparation mentale. Forcément, c’est un effort qui est physique mais qui demande un moral et un mental très très forts parce que, à un moment donné, les jambes seront cramées et il faudra que la tête prenne le relais.

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Affûté physiquement et préparé mentalement pour battre le record

TVS : Le 11 avril ce sera donc votre grand objectif et on vous souhaite toute la réussite possible, mais la saison ne s’arrête pas là… Allez-vous reprendre ensuite un cursus plus classique, avec des courses sur route ?

FL : Oui après je vais enchaîner sur de la route, je vais juste me reposer quelques jours et après je vais profiter de la lancée de tout le travail que j’ai pu faire cet hiver pour me faire plaisir sur la route. Il y a des belles courses qui vont arriver au mois d’avril et mai et, après, mon objectif sur la route c’est de faire des belles choses encore. C’est, je pense, ma meilleure saison à haut niveau mais je veux sortie la tête haute sur la route aussi, j’ai donc des ambitions pour la fin de saison aussi sur route.

TVS : Vous détenez le record du Tour du lac de Paladru qui a lieu chaque année début octobre. Aura-t-on la chance de vous y revoir en 2015 ?

FL : Oh oui il y a des chances. C’est un chrono que j’ai trouvé superbe, qui me convient bien, qui est aussi très joli même si on ne regarde pas beaucoup le paysage, mais oui il y a des chances que j’y retourne. En 2015 je n’ai pas encore mon calendrier tout à fait défini pour la fin de saison mais je n’arrêterai pas le vélo à la fin 2015, donc il est fortement possible que je fasse encore des chronos à l’avenir, c’est une discipline que j’aime bien et je compte bien garder mon record du Tour du lac de Paladru encore quelques années !

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François Lamiraud lors de sa victoire au Tour du lac de Paladru en 2013

TVS : On va donc vous souhaiter bonne chance pour le 11 avril. A quelle heure est prévue cette tentative ? C’est ouvert au public pour les gens qui seront dans le Nord ?

FL : A 17h00. C’est ouvert au public, ça attaque à 17h00 il faut donc venir un petit peu avant. Il y aura de l’ambiance, il y aura de la musique, un speaker, j’espère beaucoup de monde et ce sera une belle journée de sport.

TVS : Toute l’équipe de TVS aura une pensée pour vous le 11 avril entre 17h00 et 18h00. On essayera de vous donner un petit peu de force mentalement. Merci beaucoup François Lamiraud.

Retrouvez toute l'actu de François Lamiraud et de sa tentative de record de l'heure sur la page Facebook qui lui est consacrée.

Franck C24 mars 2015, 23:58

François LAMIRAUD du team Vulco Vaulx en Vélin tentera de battre le record de l'heure avec une combinaison spéciale fabriquée par notre fournisseur Bio Racer. Bonne chance à lui vous pouvez également visiter son site internet velopuissance.com vous y trouverez pleins de produits haut de gamme et très bien sélectionnés pour la pratique du velo en compétition.

Alain25 mars 2015, 09:01

Beau et très intéressant reportage. J'ai hâte de savoir mais ne doute quasiment pas que François LAMIRAUD réussisse. A suivre...

Radu29 mars 2015, 10:13

Qui étaient les sponsors de Roger Rivière ? Je trouve son vélo très beau. Combien de watts a-t-on gagné en 50 ans ?

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Page créée le 24/03/15 par Franck P, mise à jour le 29/03/2015 10:13 par Radu