Majo CHALEAT

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Fonction au club : Membre
Né le : 08/03/1965
Catégorie : Féminine
Profil cycliste : Accrocheuse, (presque) inusable et dotée d'un caractère disons... bien trempé !
Titres de gloire : Ex danseuse et volleyeuse de bon niveau, Majo ne s'est mise au vélo qu'à l'âge de 20 ans. Après de nombreux succès en Ufolep puis de brillants résultats en FFC, elle passe professionnelle en 1994. Elle remporte une quinzaine de victoires et participe à 4 Tours de France féminins, 2 Giros, aux championnats du monde 1996 ou encore à la fameuse Flèche Wallone. En 1998, elle remporte, à elle seule, 3 titres de championne Dauphiné-Savoie (sur route, en cyclo-cross et en CLM). Une chute spectaculaire met précipitamment fin à sa carrière en 1999. Depuis, Majo roule toujours vite et fort mais refuse d'accrocher à nouveau un dossard sur son maillot. Dommage car, lorsqu'elle déroge exceptionnellement à la règle, c'est souvent pour l'emporter (cf la Prise de la bastille 2006 ou la Cyclodromoise 2010). Sa bio complète est ICI


SA BIOGRAPHIE par MICHEL

Avertissement au lecteur : L'auteur voudrait attirer l'attention du lecteur sur le caractère tout à fait exceptionnel du document ci-dessous présenté; nécessitant d'âpres, épuisantes et longues négociations, un troc éhonté et des ruses militaires sioux afin de débusquer la moindre info et faire progresser ce qu'il convient de nommer une enquête.

La petite Marie Jo naquit un 8 mars, journée internationale de la femme, un symbole fort, dans la douce tiédeur d'un département qui allait la marquer à vie, un département qui est une petite porte ouverte sur la Provence, où flotte le délicat parfum du nougat et de l'autoroute A7, où souffle fort un vent implacable, où mûrissent doucement les raisins du Saint Joseph ou les abricots charnus : la Drôme. (NDWM: Clichés réducteurs d'une Drôme observée depuis l'autoroute...)

Ses premières visions furent donc nimbées de sa famille et de curieux gros cailloux poudrés de blanc comme des marquis monarchiques qu'elle apercevait par la fenêtre, intriguant. Dans son berceau déjà, on supputa une vie très active, en témoigne la très belle cadence de jambes, oscillant naturellement entre 90 et 100 tr/mn, une vitesse idéale et des bras très actifs également, cherchant un ballon virtuel, le tout dans un style épuré, très classique. On remarqua tout aussi rapidement une voix aiguë et perçante dont elle usera généreusement.

Très tôt, elle fit preuve d'une responsabilité étonnante quant à son alimentation, n'hésitant pas à réclamer du lait 1er age bio et affichant un goût marqué pour le chocolat noir amer, préférant le thé de Ceylan à la bergamote au Banania. Ses proches comprirent très vite qu'il faudrait se résigner à accompagner un tempérament sur-actif et ranger au rang des souvenirs reposant le calme d'antan. MaJo choisit donc comme première activité la danse classique et réussit fort bien puisqu'à l'age de 11 ans, elle se retrouve en sélection nationale à Cagnes sur Mer et elle réussit également à dégoûter ses parents de l'emmener s'entraîner si loin du domicile trois fois par semaine témoignant leur peu de goût pour le ballet en voiture. Il lui faut donc changer de voie, au grand désespoir de Patrick Dupont, littéralement effondré, enfin il aurait pu l'être s'il avait été au courant de ce fait.

Changement de programme, cap sur le sport collectif avec le volley pratiqué dans le club de St Paul-les-Romans. Pourquoi le volley ? C'était tout simplement le seul sport pratiqué dans sa commune si l'on veut bien faire abstraction du point de croix, du foot, de la belote coinchée et de la pétanque. Plus de soucis d'éloignement, donc. Marie-Jo apprend avec application et se retrouve au poste de passeur (passeuse ?) vu sa taille, disons mesurée et mesurée à 165 cm, c'est le début d'une carrière de 10 belles années. Elle changera de club pour Peyrins, le club du village de Patrick entraîné par son futur beau-père. Dans l'intervalle, entre deux rebonds, elle rencontrera Patrick au lycée, en 1ere (je parle de la classe, pas de la catégorie dans laquelle il évoluait alors, vu qu'il courrait en junior première année) et affirme un caractère bien trempé, voire même carrément rebelle, n'hésitant pas à prendre à contre-pied l'autorité parentale. L'équipe accède à la régionale 1 et montera même en catégorie nationale sans Majo qui part vers d'autres horizons. Et toujours ces majestueuses montagnes aux couleurs changeantes au gré des saisons, terriblement attirantes qui la nargue chaque matin en ouvrant les volets de sa chambre.

Pour ses 20 ans, Patrick, tombé dans le chaudron vélocipédique depuis longtemps, lui offre un vélo. Certes ce n'est pas un Lapierre ultimate scandium, mais de quoi débuter honorablement et se faire plaisir. C'était un cycle Besson sur mesure en vitus acier. Un achat sérieux pour une ignorante du cyclisme qui n'a jamais fait de vélo (en tant que sport) et qui n'en fera peut-être jamais. Un gros investissement pour des étudiants. Telle une relique sacrée, la bête est toujours dans le garage de la famille Chaléat, au service de la belle mère, donc au repos.Jusqu'alors, le vélo représentait un honnête moyen de déplacement, utilisé comme outil principalement pour rendre de menus services. Est-ce l'appel de la découverte de nouveaux horizons ou la flamme qui anime Patrick ? Après avoir exprimé bruyamment sa réprobation face à la première pente, Marie-Jo montre de belles dispositions pour l'effort sur deux roues. Patrick, en recruteur zélé et compétiteur maladif fait le forcing pour qu'elle fasse des courses, partant du principe que ça ne sert à rien d'être fort à vélo si c'est pour ne pas faire des courses. Un point de vue que Majo n'a jamais pu comprendre. Toujours est-il que Marie-Jo prend une licence UFOLEP au CCRP au mois de Mai, soit trois mois après réception de son spade et s'aligne au départ de sa première course, comme ça pour voir, en se défendant d'avoir l'esprit de compétition et sous la pression insoutenable, limite harcèlement moral, des Chaléat père et fils.

La course de St-Bardoux, une vraie belle galère avec une vraie bosse de 3km, bref le tracé idéale pour la dégoûter à vie d'user des cuissards sur un morceau de cuir préformé dénué de tout confort et même du plus rustique moelleux. Les trajectoires pures et tendues ne sont pas encore une spécialité maison puisqu'elle se fait proprement larguer dans les descentes pour revenir dans la bosse. La petite nouvelle apprend vite, d'ailleurs c'est son truc ça, elle adore apprendre, en témoigne sa participation au championnat de France Ufolep à Romans la même année. Dans la bonne échappée, particulièrement à l'aise dans la bosse, ses espoirs s'effondrent comme sa roue arrière et surtout avec l'intervention d'un cosaque lui remplaçant la roue maudite par une roue "en travers". Le lot de consolation viendra quelques mois plus tard en endossant le maillot de championne de France Ufolep par équipes du chrono, beau début. C'est aussi la découverte de ses fameuses montagnes parcourues à pied, en vélo, à ski, en raquettes en j'en oublie certainement. Le Vercors deviendra pour les Chaléat un pèlerinage obligé et un terrain de jeu privilégié, quitte à embellir un peu la réalité, mais le cœur à ses raisons...

Ces sorties en montagne sont également l'occasion de connaître la flore grâce à un guide botanique de 800g emmené un peu partout et largement consulté à tout bout de champs, ou plutôt de sentiers, au risque d'exaspérer un peu plus à chaque arrêt ses accompagnants. Elle deviendra une adepte de la phytothérapie, conquise par les propriétés étonnantes et le caractère naturel de cette médecine douce. Armé d'un chapeau, de gants et d'un prototype d'outil à biner, Majo plante, taille, soigne, bine, bouture, cueille toute sorte de chlorophylle à racines. L'alimentation est également au centre de ses préoccupations quotidiennes et recherche naturellement à en savoir plus sur le carburant de l'organisme. Des réponses lui seront amenées par ses propres recherches mais également par ses études à l'issu d'un début de parcours un peu heurté. C'est d'abord trois mois de prépa. vétérinaire puis cinq mois en clinique vétérinaire avant de dire adieu à veaux, vaches, cochons. Changement de taille, on passe alors à l'infiniment petit avec la biologie, sanctionné par un DEUG, une licence et une maîtrise de microbiologie avec mention bien et major de promo s'il vous plait !

Cap à l'est et les mystères de l'Asie, son raffinement, sa culture, son exotisme garanti, cap sur la Corée ou Patrick effectuera sa coopération pour le compte de la mère patrie. Marie-Josée en profite pour effectuer un stage dans le cadre de ses études sur une chaîne de production de sandwich au beurre de cacahuètes (une nouvelle variante des supplices asiatiques sans doute) ou elle est rapidement virée pour "perturbation de la production". Les coréens, en effet, n'en revenaient pas de voir une européenne et surtout une européenne tartiner (pas très bien d'ailleurs) à leur côtés. Elle ne doit pas être bien loin de détenir le record du stage le plus court de l'industrie sandwichière, quelques heures tout au plus. Direction le laboratoire qualité de cette même entreprise ou elle n'aura plus le loisir d'amuser le personnel en torturant un pain de mie encore plus innocent qu'immangeable. Elle se rendra utile en allant débusquer la bactérie cacahuettophile et s'assurer de la bonne, pardon, de la qualité conforme des produits.

Partie avec un visa de tourisme, les autorités locales, ne reconnaissant pas le concubinage, lui indique sois la porte de la sortie, sois le mariage. Voilà donc pourquoi ces deux là se sont unis à Séoul plutôt qu'à Romans même si ce n'est pas très gentil de se taper des nems sans ses copains et sa famille. A l'issu de neuf mois de régime dissocié au riz parfumé, elle retrouve ses montagnes, ses pognes et accessoirement ses chères études, avec à la clé un diplôme d'ingénieur en agro-alimentaire. Cette année 90 est décidément faste, le sport lui apporte un premier titre de championne Rhône-Alpes Ufolep, sa première vraie belle course de l'aveu même d'un admirateur anonyme, forcément partial, puis un titre de championne de France en ligne. Le titre se dérobera de peu (2eme) en 91 pour revenir en 92, par contre la moisson des victoires se perpétue et laissera des souvenirs dans l'inconscient dromois UFOLEP, comme le prouve les nombreux témoignages entendus lors de récentes épreuves. Majo étend son domaine d'action et fait main basse sur quelques cyclosportives et pas des moindres tels le tour du canton de St Félicien, ancêtre de l'ardéchoise, la Résistance (LA cyclosportive du Vercors), la Ventoux, l'Ardéchoise ou le bouquet, les seules à lui échapper ont été la Marmotte en 93 et la Louison Bobet.

Cette année là marque le début du deuxième volet de sa carrière avec la première licence FFC et son entrée à la SCA. Apres des années de travail au corps (c'est une image), Patrick réussi a la convaincre de prendre une licence FFC. Sa première et seule course FFC de la saison fut le vire-vire d'Annecy le vieux, un sacré changement comparé au rythme du cyclosport. Elle se classe 4eme derrière l'inamovible Jeannie Longo (qu'elle se permettra de taxer plus tard lors d'un sprint) et 2eme du sprint. Mais rien ne presse... On verra la suite l’année suivante... Le grand bain est donc pour 94 ou rapidement elle est remarquée (par Jacky) et est sélectionnée pour le tour de Haute Garonne, puis après un bon championnat Dauphiné-Savoie (5eme) pour le championnat de France. La pompe est amorcée, le palmarès pourra désormais s'écrire ligne après ligne, patiemment, avec obstination et toujours sans esprit de compétition (!) Elle acquiert le statut de sportif de haut niveau dès 96. Un rapide coup d’œil sur son CV sportif fait ressortir quelques beaux morceaux comme les 4 tours de France féminin, les 2 giros, les championnats du monde 96, ses trois titres de championne Dauphiné-Savoie sur route, cyclo-cross et chrono la même saison, la célèbre flèche Wallonne ou ses quelques 15 victoires. J'aurais aimé vous faire partager ses petits "trucs", ses doutes d'athlète, ses satisfactions, le moteur de sa motivation, des anecdotes, bref, tout ce qui rend un champion un être un peu à part, tout ce qui entretient le rêve, l'éloigne de notre sphère et le fait évoluer sur un monde parallèle, j'aurais aimé mais ... rien, elle n'a rien à dire. Qui a dit que les gens heureux n'avaient pas d'histoires ?

Une chute sérieuse et stupide en course en 99 mettra fin à cette carrière. Depuis, Brevet d'Etat des activités du cyclisme en poche, Marie-JO entraîne cadets, juniors et seniors du club et dispense conseils et recommandations sans jamais rappeler son passé, sans évoquer la moindre anecdote, sa modestie confine parfois au secret d'état. Elle coule des jours paisibles mais toujours aussi remplis dans le nord Isère tapie dans un coin reculé entouré d'arbres, de plantes comestibles ou non, de chats, faisans, de renards poulivores et donc, épisodiquement de poules. Elle possède une sérieuse réputation de soigneur auprès des chats, buses et même de Patrick. Son érudition culinaire lui permet de développer une cuisine colorée et créative dans laquelle herbes et épices tiennent une place de choix et étonnent le palais, sans oublier le fondant au chocolat noir amer qui touche au grandiose. Le sport occupe le temps que son travail de formateur lui laisse libre, et malgré un genou en croustille elle ne rechigne pas à épuiser un mari, un guide ou autres victimes qu'elle aura entraîné sur son terrain de jeu préféré : la montagne. La convaincre de participer à une course relève d'un travail herculéen, réclame une patience insondable et une masse d'arguments digne d'un rapport de l'ONU.


PALMARES 95

4 victoires

Courses internationales :

  • Avec l'équipe sud-est : 28e de l'étoile Vosgienne, 28e du Tour du Finistère.
  • Avec l'équipe de France : 64e du Tour de France féminin.



PALMARES 96

6 victoires dont le championnat Dauphiné-Savoie et surtout Crest, la course du cœur..

Courses internationales :

  • Avec l'équipe sud-est : 19e des 3 jours de Vendée, 28e du Tour de Majorque.
  • Avec l'équipe de France : 38e du Tour de France féminin, les Masters féminin, 22e du Tour d'Italie, 51e

des Championnats du monde en ligne.


PALMARES 97

2 victoires dont Crest, la plus belle. 2e place insolite : sur le casque, suite à un
sprint terminé à l'horizontale à Avignon. Vice- Championne Dauphiné-Savoie. 5e du Tour de la Drôme avec, en prime, le maillot du grimpeur (et son meilleur souvenir cycliste). 5e du Championnat de France.

Courses internationales :

  • Avec l'équipe sud-est : 20e des 3 jours de Vendée
  • Avec l'équipe de France : 17e de l'Etoile Vosgienne, 32e du Tour de l'Aude, 29e du Tour d'Italie, participation au Tour de France féminin.



PALMARES 98

Championne Dauphiné-Savoie sur route, CLM et de cyclo-cross. 7e du championnat de France.

Courses internationales (avec l'équipe OMT - 1ere équipe pro française) : 25e de La flèche Wallone (et 3e Française), 25e de l'Etoile Vosgienne, 38e du Tour de l'Aude. Participation au Tour de France féminin.


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Page créée le 12/05/11 par Franck P, mise à jour le 17/01/2018 23:22 par Franck P